#13

Gonzalo Fonseca:

The Sculpture

Gonzalo Fonseca travaille la pierre, la transforme, la sculpte en d’innombrables architectures à l’échelle lointaine et incertaine. Ses cités, ses tours, ses temples, ses navires composent une cosmogonie, les pièces d’un espace fictif, d’une histoire passée et à venir, des traces de présent. Les pierres de Fonseca déplient un monde possible et à peupler, une fiction future et fossilisée, une science-fiction archaïque et archéologique. Vastes et miniatures, ses fragments convoquent des civilisations passées et utopiques, concrétion des vestiges de l’art précolombien, mais aussi des ruines romaines, grecques, turques, égyptiennes ou moyen-orientales qui abreuvent son imaginaire et son vocabulaire.

Vous y verrez des Cônes, sphères, pyramides, cubes, tour, niches, arches, pilastres, lignes sinueuses ou droites, marches, portes, lettres et chiffres - la forme abstraite court sur ses sculptures, y prend corps et convoque une mystique éternelle, un code perdu ou futur, des rêves, des oracles. à vous d’inventer le code !
 

Né en Uruguay en 1922. Après des études d’architecture il passe 7 ans dans l’atelier du peintre Joaquín Torres-García. Il est imbibé de ses formes géométriques, son goût des reliefs peints, de la séparation de la ligne et de la couleur, de cette pâte épaisse et tactile. Son oeuvre est abreuvée de symboles, de signes, d’idéogrammes. Gonzalo Fonseca creuse entre différents champs de savoirs : les sciences naturelles, la linguistique, l’histoire. ; il a parcouru l’Europe et le bassin méditerranéen. Il s’installe en 1958 dans la ville de New-York, et possède un atelier en Toscane.

 

C’est alors que sa peinture prend corps, se détache du support plat et s’exporte dans la roche. Il creuse des villes dans la pierre,

Il découvre dans ses sillons des bâtiments enfouis, fouille, excave, décrypte la matière.

Fondateur d’une archéologie démiurge, il fait naître ses œuvres dans les minéraux urbains de sa ville d’adoption : pavés trouvés, récupérés, sauvés des immeubles en démolition. Sa palette se fait calcaire blanc, gris, terreux, grès clair ou grès rouge. Appelées limestone, sandstone, brownstone. Un passé récent, une matière friable et dure, puissante et évanescente, des pierres de chaux, des pierres de sable à l’image de ses sculptures éphémères de bord de mer, bâties sur la plage et rendues aux vagues, comme le temps comprimé d’une histoire des civilisations.

Fonseca travaille également le travertin, le marbre - matières nobles de la Rome antique,  aux couleurs variées, excavées dans les carrières avoisinantes. Balancier entre continents, entre pierre sédimentaire tendre et roche métamorphique robuste dont les marbrures, les rainures, les accidents déterminent les formes sculptées. Fonseca joue sur le paysage de la matière, taillant mais laissant la parole aux hasards qu’un temps antique a sculpté avant lui dans le minerai.

Gonzalo Fonseca se voulait sans nation, ou plutôt appartenir à une nouvelle, à un syncrétisme des symboles et des histoires, à une concordance des mythes qui jaillissent dans toute son œuvre. A sa mort en  1997, il nous abandonne les pièces de son puzzle, ses labyrinthes imaginaires, ses bibliothèques de pierres, son répertoire minéral. Ses architectures simples, archétypales nous laissent avec l’envie de creuser, de bâtir, de marcher, de se perdre.

CRÉDITS - 

Avec :

Déborah Gutmann, Animatrice et Rédactrice

Gaël Kamilindi, Comédien de la Comédie Française

Tadéo Kohan, Commissaire d'exposition, Rédacteur

Xavier Prieur, Comédien, Rédacteur

Hanna Rosenblum, Comédienne, Rédactrice

Léa Taïeb, Rédactrice

Timothée Schaeffer, Voix 

Claudius Pan, Musique originale

Avner Azoulay, Prise de son, Montage, Mixage

Déborah Gutmann, Réalisation, Production 

Lior Attia, Visuels